Il vaut mieux Agir

Dès lors que l’on s’inquiète pour le monde, il vaut mieux agir.

AgirSuite aux attentats de novembre 2015 je me suis impliquée dans un groupe de discussion et partage réunissant différentes personnes de nationalités et religions différentes. Récemment on m’a demandé pourquoi je faisais ça. Cela m’a fait réfléchir. D’une part le temps que j’y consacre me parait raisonnable. Une heure suffit parfois à obtenir des résultats étonnants. Et puis c’est une source d’énergie plutôt qu’une contrainte.

Mais le plus important, dès lors que l’on s’inquiète pour l’avenir, mieux vaut agir et reprendre le contrôle de sa vie. Je n’ai aucun pouvoir sur ce qui se passe sur la planète mais à mon niveau, je peux faire quelque chose. L’an dernier, par exemple, j’ai organisé une matinée de nettoyage de la rue avec une voisine.

 

Petits bouts de paradis

un petit bout de paradisBien que je ne sois pas croyante, je me reconnais dans les paroles du théologien Rikko Voorberg. Il écrit : « Je ne veux pas laisser tomber, me retrancher avec ma femme et mes enfants dans notre maison. Autrefois on m’a appris à aspirer au paradis. Désormais, il m’importe de créer des petits bouts de paradis sur terre ».

Comme lui nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir agir. Nous en avons assez des pensées négatives et de l’agressivité ambiante. Mais pourquoi la majorité d’entre nous reste si passive ?
Moi je ne saurais pas par où commencer, soupire une amie. Pourtant il suffit de regarder autour de soi pour voir les initiatives déjà existantes. Une action collective s’organise près de chez vous ? Allez-y, cela ne va vous prendre qu’une heure de temps, et qui sait où ça vous mènera ? Pas besoin non plus de se lancer uniquement en solitaire. Se réunir, monter des associations, manifester, se faire entendre, appliquer ses idéaux dans son quotidien. S’engager réellement va plus loin que de charger une appli.

le manque de tempsLe manque de temps, voilà un argument souvent avancé pour justifier notre immobilisme. Reste que pour faire la différence, il faut vraiment passer à l’action. Car signer des pétitions et relayer des articles sur facebook, ne vont pas bouleverser la marche du monde, d’autant que nous nous entourons généralement de personnes partageant nos valeurs.

Pour autant il n’est pas nécessaire de viser haut pour avoir un impact.

Par exemple, à Marseille, place des moulins, on peut s’asseoir à coté de parfaits inconnus pour papoter, grignoter et pourquoi pas tricoter. Ce lieu public devient pour quelques heures un point de rencontre.
A Paris rien de tel actuellement même si Place Félix Eboué dans le 12ème arrondissement, quelques étagères créent des rencontres. Ces « boites à dons » permettent d’échanger des biens. On y dépose aussi bien des tartes maison que des jouets ou de la vaisselle.

 

 

des actes modestesJe crois dur comme fer aux actes modestes.

Mon quartier dispose d’un site internet de réseau d’entraide entre voisins. Il suffit de s’y inscrire, de renseigner son adresse, ses disponibilités et les services que l’on peut proposer.
Ainsi après la naissance de mon enfant, je me suis inscrite, et le site m’a mise en relation avec une personne âgée, isolée qui vit près de chez moi. Elle a pu garder de temps à autre mon enfant et en retour je bavardais un peu avec elle, et depuis je continue à aller prendre régulièrement un café avec elle, et lui procurer une coupure dans sa solitude. Je vais aussi régulièrement me promener avec une jeune femme qui sort peu à cause de sa maladie. Je l’aide et en retour elle m’offre de beaux échanges et un bol d’air frais que je ne m‘autoriserais jamais seule.

 

Passer outre le cynisme

Passer outre le cynismeJe ne suis qu’une goutte d’eau dans l’océan, et si j’en crois les informations, nous sommes tous condamnés d’avance. Pourtant chacune de nos actions, même de ne rien faire, a une influence sur notre société. Il faut donc continuer à avoir foi en ses propres actions, même si ce n’est pas toujours simple. Tout mouvement important a débuté modestement. Un professeur m’a dit un jour : le monde n’a jamais été changé par la majorité passive, mais par une minorité active.

Pour exemple l’histoire de Dashrath Manjhi, un ouvrier indien qui vit dans un petit village pauvre au pied d’une montagne. De l’autre côté, se trouve une ville, dotée de quelques commerces. Lorsqu’ils ont besoin de quelque chose, les villageois doivent marcher très longtemps pour contourner le massif.
Mais un jour, Dashrath qui a perdu son épouse, faute de soins se révolte. Tous les jours pendant des années, il s’arme d’une pioche et d’un marteau et part creuser le sommet de la montagne.

On le croit fou, mais peu à peu un ravin se forme.
Oser se lancerAprès 22 ans de travail acharné, Dashrath a réussi à creuser un passage de dix mètres de profondeur et 3 mètres de large.

Résultat : le gouvernement indien décide de livrer tout le matériel nécessaire pour consolider le couloir. Finalement Dashrath a accompli ce que le gouvernement indien ne voulait pas faire. Il avait deux mains, de l’endurance, et une raison (bien triste) de se lancer. Ainsi, il a littéralement réussi à déplacer une montagne.

Il y aura toujours des personnes cyniques qui feront des remarques négatives. Il faut être en capacité d’écouter les critiques sans se laisser abattre. Mais surtout il faut oser se lancer, d’autres finiront par rejoindre le mouvement. C’est comme ça que tout commence, et même si cela ne change pas le monde, cela a le mérite de le rendre un peu plus accueillant.

Ecrit par une journaliste de la revue « Flow ».

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