La flore intestinale

Savez-vous qu’il y a plus de cellules dans un gramme d’intestin que dans notre cerveau ?

L’intestin, organe souvent méprisé, mérite d’être réhabilité. Les chercheurs s’intéressent aux 100 000 milliards de bactéries qui composent notre flore intestinale et à ses 3,3 milliards de gênes.

flore_1Nous savons déjà que la flore intestinale dite « microbiote » assure des fonctions essentielles. Sa fermentation permet de digérer les aliments, et donc d’en tirer de l’énergie et des nutriments. Elle a également un rôle protecteur. La barrière intestinale est le garant de notre intelligence immunitaire.
Pour réguler le fonctionnement de l’intestin, l’essentiel se joue au niveau de l’alimentation et de la gestion du stress.

Les intestins contiennent autant de neurones que notre cerveau. Ils constituent une intelligence relativement autonome vis-à-vis du cerveau. Mieux même, certaines maladies neurologiques débutent par l’atteinte des neurones intestinaux et précèdent l’atteinte neurologique classique.

La flore intestinale constitue à travers la diversité des bactéries qui la composent une intelligence relativement méconnue. La flore intestinale ou microbiote exerce de nombreux rôles biologiques :

  • Il enseigne aux cellules immunitaires de la muqueuse intestinale à considérer ses souches bactériennes saprophytes comme des amies. Il lutte contre les infections virales pathogènes pour notre organisme.
  • Il favorise le transit intestinal et participe à la digestion des aliments.
  • Il accélère le renouvellement des cellules de la muqueuse intestinale.
  • Il produit des vitamines pour notre organisme : B2, B5, B6, B8, B9, B12 et de la vitamine K, responsable de la coagulation.
  • Il produit des acides réduisant la synthèse de cholestérol.
  • Il favorise l’ionisation d’oligoéléments minéraux, et la transformation de certains sucres les rendant plus assimilables par les intestins.
  • Il contrôle le nombre des basophiles, une espèce particulière de cellules immunitaires dont la population augmente au cours des réactions allergiques.

flore_2Notre immunité repose essentiellement sur le triptyque intestinal constitué de la muqueuse, barrière qui tapisse hermétiquement la paroi intestinale, les neurones intestinaux et la flore bactérienne. La muqueuse est constituée de cellules parfaitement jointives dont le rôle est d’absorber les nutriments issus de la digestion. Ces cellules sont très fragiles et se renouvellent environ toutes les 48 heures de manière à assurer une bonne imperméabilité. Cette barrière permet de faire le tri entre ce qui est assimilable ou non. Ce tri subtil entre les nutriments utiles ou les déchets à rejeter par les selles peut être perturbé, ce qui va dérégler notre immunité.
Immunité, neurones intestinaux, flore bactérienne : triptyque à protéger. Il est en effet essentiel de protéger ce triptyque, car l’essentiel de nos pathologies vient du fait que notre 2ème cerveau est déboussolé lorsque nous ne digérons pas correctement, que nous ingérons des produits nocifs à notre flore intestinale, lorsque notre intestin devient poreux à tous les éléments agressifs pour notre organisme.

Ce qui dégrade notre flore intestinale :

a) Le stress

On sait que le stress perturbe le fonctionnement de l’appareil digestif.
En sursollicitant nos défenses immunitaires, il épuise nos réserves minérales.
On sait que L’intestin et le cerveau sont en relation par l’intermédiaire des systèmes nerveux othosympathique et parasympathique. En maintenant notre corps en état d’alarme permanente (en mode orthosympathique) il entrave le bon fonctionnement digestif entrainant des troubles du comportement alimentaire, du transit et la composition de la flore intestinale.
Si nous nous trouvons en état de stress le nerf orthosympathique influe sur les neurones et les nerfs intestinaux en induisant des spasmes ce qui perturbe la digestion.
Lorsque ce stress devient chronique, il peut aggraver l’hypersensibilité des viscères.
Les nerfs intestinaux jouent un rôle essentiel dans la digestion, et le relâchement. Ces nerfs commandent le péristaltisme intestinal c’est-à-dire le mouvement des muscles intestinaux qui permettent l’évolution du bol alimentaire, puis des selles, le long des intestins. Le stress peut ainsi accélérer le transit intestinal et provoquer des diarrhées.
flore_5Ces neurones sont également capables de produire des neurotransmetteurs, comme par exemple la sérotonine qui conditionne le niveau d’activité nerveuse. En excès elle entraîne un sentiment d’angoisse créant des spasmes intestinaux, et cette peur au ventre des angoissés. En carence elle entraîne la dépression mais pousse à aller vers des comportements compulsifs avec la nourriture.

b) Une alimentation inadaptée

L’abus de produits raffinés, sucrés, carnés, industrialisés, de graisses saturées, d’alcool, de café, d’aliments potentiellement allergène (gluten, lactose, ) entretient une flore de putréfaction, dénutrit et acidifie l’organisme favorisant ainsi le développement d’une flore pathogène.

c) L’exposition aux polluants et aux métaux toxiques

Les ondes magnétiques, l’ingestion de molécules agressives pour notre organisme accentue le vieillissement cellulaire et inhibe l’activité de certaines enzymes digestives.
Nos défaillances physiologiques et une hygiène de vie inappropriée
La prise de certains médicaments, antibiotiques, anti-inflammatoires avec un inhibiteur puissant de l’acidité gastrique (cela protège la muqueuse intestinale mais altère la composition du microbiote intestinal), les troubles chroniques du transit (constipation avec utilisation abusive de laxatif, trop de diarrhées), la sédentarité, une hydratation insuffisante, certains blocages ostéopathiques, problèmes buccodentaires.
Le tabac.

Les bons gestes de santé

a) Une naissance par les voies naturelles et l’allaitement.

flore_4Cette flore se constitue à la naissance lors de l’accouchement grâce aux bactéries intestinales et vaginales de le mère. La colonisation se poursuit et se diversifie notamment grâce à l’allaitement maternel. Le microbiote de l’enfant devient semblable à celui d’un adulte vers l’âge de 4 ans.

b) L’art de bien manger

La mastication qui permet au bol alimentaire d’atteindre une température propice au feu digestif de l’estomac, et en pré-digérant les amidons et sucres lents
La composition des menus : manger davantage aux repas du matin et de midi et léger le soir et deux heures avant le coucher. Cela permet ainsi d’optimiser les fonctions détoxifiantes, réparatrices de l’organisme pendant la nuit et de « soulager » la flore.
Faire une large place aux végétaux, protéines végétales, poissons, privilégier les céréales complètes sans gluten (riz, millet, sarrasin), En effet c’est dans la fibre des végétaux que la flore intestinale puise la majeure partie des ses nutriments.
Limiter la consommation de viande rouge dont l’excès induit des phénomènes de putréfaction.
Les aliments doivent être mangés crus lorsque c’est possible ou peu cuits à très douce température.

Respecter l’équilibre acido-basique et manger les fruits en dehors des repas (11 heures et 17 heures).

Consommer régulièrement des aliments riches en
– Pré-biotiques : ail, artichaut, oignon, échalote,
– Pro-biotiques : les produits lacto-fermentés, tels que choucroute crue, kéfir, kombucha, papaye fermentée. Et si vous tenez à consommer des produits laitiers fermentés, il est préférable d’éviter ceux d’origine bovine, en raison du risque d’intolérance à leurs protéines qu’ils peuvent induire.

Consommer chaque jour des légumes verts et frais de saison.

c) L’activité physique quotidienne

flore_3La marche soutenue pendant 30 minutes participe au maintien d’une flore intestinale de qualité en favorisant la motricité intestinale (progression des germes vers l’extérieur du tube digestif) et l’oxygénation tissulaire.
Une activité sportive par semaine en plus de la marche quotidienne est fortement conseillée.

 

Pour conclure

Une alimentation saine, du mouvement, et un état intérieur de sérénité peut nous aider à préserver notre flore intestinale, et nous permettre de nous approcher de la phrase du bouddha : « le sage est celui qui se porte bien des intestins ».

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