La force de l’instant présent (2/2)

Si tu ne trouves pas le calme, ici et maintenant, tu le trouveras où ? Tu le trouveras quand ?

Cette notion de calme, c’est bien cela que nous cherchons à atteindre dans l’urgence, sans cesse porté à « après », « une fois ce dossier bouclé », « lorsque les enfants seront couchés », « pendant le week-end ».

Il n’y a rien à faire de particulier pour trouver le calme. La vie ne commence pas après la vaisselle, ou après le balayage. Savourons chaque instant que nous vivons. C’est l’occasion de se regarder « être », et de constater que le plus souvent nous n’agissons pas mais nous réagissons : réaction mentale, émotionnelle, physique.

Ainsi pour vivre l’instant présent, évitons de passer par la tête, et efforçons-nous de rester à l’écoute de notre corps et de nos ressentis, de rester dans la pleine conscience de ce que nous faisons, de déterminer ce qui est essentiel dans la liste des choses à « faire », à notre rythme, en toute quiétude, et acceptons de choisir.

trouver le calmeChaque fois que nous remarquons que la négativité se manifeste en nous d’une façon ou d’une autre, ne la considérons pas comme un échec mais plutôt comme un précieux signal qui nous dit « sors de ta tête, sois présent ». Dans un premier temps acceptons la négativité, puis imaginons- nous « perméables ».

Exemple : nous sommes confortablement assis chez nous. Tout à coup des chiens aboient et perturbent notre tranquillité. L’irritation monte et inconsciemment nous espérons que cette réaction va dissiper le bruit. C’est une illusion. C’est donc le moment d’une pratique de lâcher-prise.

Il s’agit de sentir que nous sommes « perméables », c’est-à-dire que nous laissons passer le bruit à travers nous sans opposer de résistance donc en éliminant toute réaction négative.
Lorsque nous ne sommes pas en paix, acceptons l’absence de paix, et celle-ci pourra se métamorphoser en paix. Tout ce que nous acceptons nous conduit à la paix. C’est le miracle du lâcher-prise.

Être dans le lâcher-prise ne signifie pas endurer passivement sans tenter d’améliorer, ni de cesser d’établir des plans pour transformer sa vie. Le lâcher-prise c’est ne porter aucun jugement sur le présent. Nous pouvons alors voir clairement ce qui doit être fait, et nous passons à l’action en faisant une chose à la fois pour ne pas mentalement « faire des films » sur le futur.

 

Transformer ses sentiments

1ère étape : les identifier
C’est la vigilance qui permet cela. Sentir par exemple que la peur arrive, et la reconnaitre comme telle.

2ème étape : mieux vaut ne pas dire « va-t-en la peur, je ne t’aime pas ». Il est plus efficace dire « bonjour la peur ».

3ème étape : calmer le sentiment, prendre soin de la peur. Il est bon d’inspirer et de calmer son corps et son esprit. Nous pouvons calmer notre sentiment en étant avec lui comme une mère tiendrait son bébé qui pleure. Si la mère pense à autre chose, son bébé ne se calmera pas. Par contre, si elle met tout le reste de côté et est présente à son enfant, ce sera efficace et son bébé va se calmer. Il est possible de faire de même avec son sentiment. Prendre des respirations et consciemment dire « j’inspire, je calme ma peur ».

4ème étape : lâcher son sentiment, le laisser partir.
Quand on prend soin de sa peur, on la diminue. On peut sourire. Apaisement et lâcher-prise traitent les symptômes.

5ème étape : une fois que le bébé ne pleure plus, la mère le regarde pour savoir ce qui ne va pas. Il en est de même avec la peur, il est bien de la regarder, avec ses origines en dehors et en dedans de nous. Comprendre nos croyances, nos points de vue, sources de nos souffrances, permet de commencer à les transformer.

la colère
Prenons la colère :

Lorsque nous sommes souvent en colère, il est bon de la tenir sous vigilance, de ne pas penser aux causes, ni à la personne qui nous a mis en colère mais de se concentrer sur la respiration.

Petit à petit nous pourrons transformer notre colère en paix et en compréhension.

Quand la colère surgit, on peut marcher pour se poser et dire éventuellement les phrases suivantes :
J’inspire, je sais que la colère est là. J’expire, je sais que la colère est en moi
J’inspire, je sais que la colère est désagréable. J’expire, je sais que ce sentiment va passer
J’inspire, je suis calme. J’expire, je suis assez fort pour regarder cette colère

Nous ajustons notre respiration à nos pas et restons attentifs à notre marche et profitons de la respiration. Après un moment, la colère va tomber et on se sent plus fort. Nous pouvons alors regarder la colère et essayer de la comprendre.

 

ruminationsComment couper court aux ruminations ?

Pour lâcher le passé, il faut comprendre ce qui nous rattache à lui et ce à quoi on a du mal à renoncer. Il s’agit d’identifier « l’objet perdu ».

La rumination nostalgique :

Persuadé que rien ne sera plus à la hauteur du passé, on se passe et se repasse le film des « jours heureux ».

Déterminez avec précision, quelle époque, quels évènements, quelles personnes déclenchent des regrets. Le résultat constitue « l’objet perdu ».

Demandez-vous comment vous vous sentiriez si vous pouviez revivre cet évènement ? Notez les « bénéfices » (physiques, psychiques, matériels) que vous procure le retour de cet objet perdu, puis demandez vous ce que vous n’êtes plus sans cet objet, notez les « manques ».

Pour finir mettez en vis-à-vis la liste des bénéfices, et celles des manques, et interrogez vous sur la façon dont vous pouvez, dans votre vie présente, obtenir ce qui vous manque. Notez les différentes pistes possibles.

regretsLa rumination amère :

Regrets et remords insistants, échecs ou conflits non digérés. Difficile d’avancer quand le passé est toujours actif.

Identifiez les personnes ou évènements à l’origine de vos ruminations négatives.
Quelles émotions (colère, douleur, honte…) cette rumination provoque-t-elle ?
Quelles croyances l’évènement déclencheur de rumination active-t-il ? (je ne suis pas à la hauteur, je n’ai pas de chance, je fais toujours les mauvais choix …)

Demandez-vous comment vous vous sentiriez sans la cause de votre rumination.
Notez les effets (physiques, psychiques, matériels) qu’entrainent sa disparition. Savourez doucement cet allègement.

Interrogez-vous ensuite sur la façon dont vous pourriez atteindre cet état positif en réparant le passé (expliquer, pardonner,…), en listant tout ce qui peut être motif de gratitude dans votre vie actuelle, en tirant les enseignements des fautes et des erreurs d’hier.
Notez toutes vos idées pour rompre avec l’amertume.

(Exercice proposé par Juliette Allais, thérapeute jungienne, enseignante en psycho généalogie, auteur de plusieurs livres).

 

être présentExercice pour rentrer en conscience avec son corps

Fermer les yeux, diriger son attention sur son corps, le sentir de l’intérieur.
Est-il vivant ?
Concentrer son attention sur les différentes parties du corps en restant une quinzaine de secondes sur chaque et sentir la vitalité qu’il y a dans chaque partie du corps.
Si une pensée intervient, ne pas lui accorder d’importance et se recentrer sur la partie du corps où l’on était.
Plus l’attention est soutenue, plus la sensation se clarifie, s’intensifie.
Si le ressenti est faible, accorder son attention à tout ce qui peut être ressenti : peut-être un léger picotement dans les mains, les pieds ? Cela suffit pour l’instant. Renforcer son attention sur cette sensation. Le corps s’anime.
Si cet exercice sur le corps est difficile, au début se concentrer sur la respiration. Suivre sa respiration en maintenant son attention sur l’inspiration et l’expiration.

 

Conclusion

Repensons à Montaigne

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors.
Quand je me promène solitaire en un beau verger, si mes pensées s’échappent sur quelques soucis extérieurs pendant un moment, je les ramène à la douceur de cette promenade, au verger, à moi, à ce qui est là, c’est-à-dire la place au plaisir.

 

Bibliographie

Mettre en pratique le pouvoir du moment présent de Eckhart Tolle
La sérénité de l’instant de Thich Naht Hanh
Méditer jour après jour de Christophe André
Les États d’âmes de Christophe André

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