Le bonheur (3)

CE QUI FREINE LE BONHEUR

Pas le temps d’être heureux : les hyperactifs ont du mal avec le bonheur car il ne sert a à rien.

  • La nostalgie et les regrets

Toute expérience de vie peut être objet de nostalgie ou de regrets et plus spécifiquement celles censées en apporter l’amour, l’amitié, la parentalité. On a décrit le syndrome du nid vide, la nostalgie paternelle pathologique, les mères soulignent alors la perte des moments de bonheur liés à la vie de famille. Ce qui paraissait banal (repas en commun) ou agaçant (chambre non rangée) apparait ensuite valorisé et merveilleux. Mais souvent la nostalgie n’est qu’une justification à l’incapacité d’être heureux au présent.

  • L’envie : l’écart entre soi et les autres

On veut être plus heureux que les autres, car nous croyons les autres plus heureux qu’ils ne le sont. Pour les personnes envieuses, il s’agit alors d’essayer de comprendre cette envie, de l’assumer et de chercher des solutions constructives. Que puis-je faire pour le rendre moins envieux ?

  • L’écart entre le rêve et la réalité

Prendre les bonheurs tels qu’ils viennent et se dire que cela pourra être mieux dans l’avenir.

  • Toutes sortes de plaintes

Lorsque l’on se plaint, on se met en état de victime qui attend reconnaissance des injustices vécues. La plainte induit passivité et inaction. On reste dans l’attente d’une intervention extérieure. Il s’agit de considérer ce qui nous arrive non comme des injustices mais comme des problèmes à résoudre.

  • Le pessimisme entrave le bonheur : on ne se réjouit pas ou juste au dernier moment

Le pessimisme ne prépare pas au malheur, mais lorsque le malheur arrive les pessimistes s’y enfoncent avec délectation.

Lorsque l’anxiété supprime les sources de bonheur :

Il est bon de réfléchir et de chercher des solutions au lieu de ruminer
Ne pas transformer ses doutes en certitudes, il y a d’autres hypothèses qui peuvent se présenter en dehors de celle négative qui nous obsède
Ne pas voir une catastrophe derrière chaque incident
Apprendre la confiance

Notre bonheur dépend de ce que nous sommes, or en général, nous le définissons en fonction de ce que nous avons.
Il est important de faire la distinction entre
– ce que nous sommes : personnalité, force, beauté, intelligence, volonté
– ce que nous avons : avoirs, possessions
– ce que nous représentons : position sociale renommée, gloire

Pour la majorité, les deux derniers points semblent les plus importants.

Mais le bonheur a vite fait d’être ruiné s’il se fonde uniquement sur l’avoir et le paraître. En fait ce que quelqu’un possède pour soi, ce qui l’accompagne dans la solitude, et que personne ne peut lui donner ni lui prendre, voilà qui est beaucoup plus essentiel que ce qu’il possède ou ce qu’il est aux yeux des autres.

Les chercheurs ayant analysé les paramètres du bonheur subjectif font remarquer qu’il existe chez chacun un « point fixe » du bonheur. L’individu se retrouvera en dessous de ce point en vivant une période difficile (maladie, échec professionnel ou affectif) et se trouvera au-dessus en vivant une période positive (mariage, promotion). Il reviendra ensuite presque toujours à son point fixe. Il a été constaté que les personnes qui gagnent au loto, après la période d’euphorie, reviennent peu à peu à leur niveau habituel de bien-être. A l’inverse les personnes subissant un grave accident qui les rend handicapés, souhaitent souvent dans un premier temps mourir, puis le gout de vivre revient et après un laps de temps ils reviennent à leur point de bonheur avant l’accident.

La haine et la vengeance peuvent être une forte entrave au bonheur. Le sage stoïcien Epictète affirme : souviens toi de ce qui te cause du tort, ce n’est pas qu’on t’insulte, qu’on te frappe, mais l’opinion que tu as que l’on te fait du tort. Donc si quelqu’un t’as mis en colère, sache que c’est ton propre jugement le responsable de ta colère. Aussi plutôt que de vouloir changer le monde, le sage concentre ses efforts à vouloir se changer lui-même. Epictète ajoute : n’attends pas que les évènements arrivent tels que tu le souhaites, décide de vouloir ce qui t’arrive et tu seras heureux. Devant tout ce qui t’arrive, cherche à rentrer en toi-même, et cherche quelle faculté tu possèdes pour y faire face : tu souffres, trouve l’endurance, on t’insulte, trouve la patience. En t’exerçant ainsi, tu ne seras plus le jouet de tes représentations. La douleur est liée à l’agitation, au trouble de l’esprit. Aller vers un bonheur vrai signifie travailler sur la paix intérieure profonde, joyeuse, à la sérénité, à la paix de l’esprit. Il s‘agit d’adopter une conduite prônant un équilibre entre les extrêmes. A l’aide d’exercices spirituels il est possible de contrôler ses passions, de développer l’acuité et la maîtrise de son esprit, de ne plus être le jouet de ses représentations. Les plaisirs sont bons en soi, il faut juste les réguler par la raison, alors le bonheur peut être assimilé à un état de plaisir stable.

Ne pas railler, ne pas détester, ne pas pleurer mais comprendre : Formule de Spinoza.

De plus en plus de satisfaction. L’obsession du bonheur ou la quête d’un bonheur trop parfait peut produire le résultat inverse. Tour l’art du bonheur est de ne pas fixer d’objectifs trop élevés, inatteignables, écrasants. Il est bon de les graduer, de les atteindre par paliers, de persévérer sans crispation, tout en sachant parfois lâcher-prise et accepter les échecs et les aléas de la vie.

AMÉLIORER NOTRE VISION DU BONHEUR

Une des dispositions les plus tangibles du tempérament est ce qu’on appelle l’humeur, cet état émotionnel de base qui colore nos réactions à l’environnement et nos perceptions. On l’a comparée à des verres de lunettes, et notre vision des choses diffère selon qu’on les voit avec des verres sombres ou clairs ou de couleur chaude ou froide. L’humeur n’est jamais neutre, elle est positive ou négative. Lorsque nous sommes de bonne humeur, nous voyons la vie en rose, et lorsque nous sommes de mauvais poil nous sommes moins patient, moins tolérant ou indulgent. L’humeur n’est pas fixe, elle peut varier tout au long de la journée.Elle est également influencée par la météo. Nous mémorisons les jours de soleil où nous avons bon moral mais aussi les jours de pluie avec le cafard. Par contre, nous mémorisons moins bien les jours de soleil où nous avons le blues, et les jours de pluie où nous nous sentons heureux.

Qu’est-ce que le tempérament, c’est une prédisposition, face aux évènements de la vie à ressentir plus ou moins facilement certaines émotions, certaines humeurs. Cette affectivité de base se traduit à travers nos humeurs qui en sont l’expression plutôt négative ou positive. Il est possible d’intervenir sur ce tempérament à condition de comprendre que l’on peut échapper à son destin.

On peut être plus ou moins heureux en modifiant la perception que l’on a de soi-même et de la vie, en modifiant son regard, ses pensées, ses croyances. Nous y sommes enclins lorsque nous comprenons que notre image du monde extérieur dépend de notre monde intérieur. En regardant un paysage un homme d’affaires voit un site à exploiter, un poète une forêt de symboles, l’amoureux songe à s’y promener avec celle qu’il aime, le mélancolique revit avec nostalgie des évènements vécus dans un lieu semblable et le déprimé n’y vit qu’un morne spectacle. Nos pensées et nos états d’âmes déterminent notre rapport au monde.

 

La suite : améliorer notre vision du bonheur, comment se vit le bonheur

 

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