Le bonheur

QU’EST-CE QUE LE BONHEUR ?

Définition du petit Robert : Le bonheur : état de la conscience pleinement satisfaite.
Le plaisir : est l’ensemble des sensations agréables liées à la satisfaction de nos besoins fondamentaux : nourriture, sexualité, confort, activité physique.
La joie est une réaction à un évènement de l’environnement. Elle a le plus souvent une cause extérieure. La joie c’est l’instant. La joie est un des ingrédients, une des expressions, une des voies d’accès au bonheur et peut en motiver la recherche.
Le bonheur tend de lui-même vers le calme et la paix. On saute de joie, pas de bonheur
Le mot heureux signifie au départ celui qui bénéficie d’un destin favorable. Avec l’évolution progressive de l’usage du mot, on s’est mis à penser que le bonheur ne nous est plus seulement offert par le destin, mais que nous pouvions aussi le construire et le conquérir. D’où l’expression l’ « artisan de son bonheur ».

La mesure du bonheur :
le bonheurD’une part la mesure est purement psychologique, c’est le sentiment subjectif de satisfaction par rapport à son existence (ma vie me convient). L’autre est émotionnelle et dépend de la fréquence des humeurs positives (je me sens souvent bien).

Toutes les sources de bonheur ne sont que des conditions préalables au bonheur, souvent nécessaires mais jamais suffisantes. Elles facilitent l’accès au bonheur mais ne le créent ni ne le garantissent pas.

 

LES DIFFÉRENTES SORTES DE BONHEUR

Teilhard de Chardin identifiait trois formes de bonheur : tranquillité, plaisir, développement.
Il comparait les humains à des personnes partant en randonnée à la montagne et découvrant après quelques heures que grimper était fatigant. Les uns vont préférer rentrer au refuge, y rester, se reposer ou faire bonne chère (bonheur de tranquillité). Les autres estiment qu’ils sont montés assez haut, que la vue est suffisamment belle et qu’ils seront mieux allongés dans l’herbe au soleil. (Bonheur de plaisir). Les derniers vont continuer dans l’effort à aller au sommet, persuadés que leur place se trouve là-haut (bonheur de développement).

le bonheurSavourer toutes les formes de bonheur
– Être : ce sont tous les bonheurs où il suffit de se réjouir d’être là, de se sentir exister.
– Avoir : de posséder un objet que l’on aime, d’habiter un endroit que l’on apprécie, avoir de la chaleur en hiver, de la lumière la nuit.
– Faire : c’est le bonheur de marcher, de travailler, de parler avec des amis, de créer, imaginer, fabriquer, réparer.
– Appartenir : c’est le bonheur de vivre au sein d’une famille, de faire partie d’un groupe qui nous estime, d’avoir des amis qui nous aiment.

 

INGRÉDIENTS DU BONHEUR

Être heureux, c’est aimer la vie toute la vie : ses hauts et ses bas, ses traits de lumière et ses phases de ténèbres, ses plaisirs et ses peines. C’est traverser pleinement les chagrins et sans retenue, et aussi déguster pleinement et sans retenue tous les bons moments offerts. C’est aimer ses proches le cœur grand ouvert. C’est vivre intensément chaque instant.

Être heureux, c’est avant tout satisfaire les aspirations de notre être : un bavard recherche la compagnie des autres, un silencieux recherche la solitude, certains sont faits pour vivre dans le bruit des villes, d’autres dans le calme de la campagne. Nul ne pourra être heureux s’il va à l’encontre de sa nature profonde.

Être heureux, c’est apprendre à choisir. Non seulement les plaisirs appropriés mais aussi sa voie, son métier sa manière de vivre et d’aimer. Choisir ses amis, les valeurs sur lesquelles fonder sa vie. Bien vivre, c’est apprendre à ne pas répondre à toutes les sollicitations, à hiérarchiser ses priorités.

Être heureux, quand tout va bien, c’est décider de ne plus gâcher les moments où l’on peut être heureux. C’est accepter que les bonheurs vécus soient peut-être plus petits que ce que l’on attendait, mais les savourer quand même. Ne pas rater ce qui s’offre à nous est la première étape de la construction du bonheur.

le bonheurNos aspirations modernes sont d’apprivoiser le bonheur, de ne plus nous contenter de bonheurs sauvages mais de tenter d’en faire l’élevage. Mais les bonheurs de culture valent-ils les bonheurs naturels ? En réalité nous avons besoin des deux, ils sont complémentaires.
Se sentir heureux relève de l’émotion. Estimer que sa vie est heureuse relève du jugement, c’est une vision du monde subjective et personnelle. Nous pouvons sélectionner des situations et leur attribuer une grande importance et à contrario gaspiller des moments de bonheur, ou encore nous nourrir durablement des souvenirs de petits moments de bonheur. Cette vision du monde repose sur une histoire intime, une trajectoire de vie personnelle. Chacun de nous a une vision a priori sur le bonheur, mais celui-ci est dépendant de nos efforts.

Il semble que le bonheur provienne d’un échange avec les autres : l’amour, l’amitié, le lien affectif constitue un des principaux piliers du bonheur.

Aristote ne distingue d’ailleurs pas l’amour conjugal de l’amitié : pour lui il s’agit du même sentiment impliquant identité et réciprocité qui unit les époux comme les amis et fait leur bonheur. Identité parce que nous reconnaissons dans l’autre « un autre soi-même » avec qui nous partageons les mêmes aspirations, les mêmes goûts, et éventuellement les mêmes projets de vie. L’amour est d’autant plus fort et rayonnant que les amis/conjoints s’aiment dans la réciprocité d’un amour fortement altruiste.

Platon dit que l’homme le plus heureux est celui qui ne possède dans l’âme aucune trace de méchanceté.

L’apôtre Paul exprime qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.

Jean Jacques Rousseau affirme : je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le cœur humain puisse gouter.

Matthieu Ricard dit : le vrai bonheur est indissociable de l’altruisme car il participe d’une bonté essentielle qui s’accompagne du souhait profond que chacun puisse s’épanouir dans l’existence. C’est un amour toujours disponible et qui procède de la simplicité, de la sérénité, et de la force immuable d’un cœur bon.
Matthieu Ricard soutient que le fond de la nature est bon, et notre cœur est fait pour s’épanouir dans l’amour et le don. L’amour/don guérit bien des blessures de la vie : non seulement lorsque nous sommes aimés, mais aussi lorsque nous découvrons les trésors de bonté enfouis dans notre propre cœur. Nous pouvons alors entrer dans l’extraordinaire cercle vertueux de la vie : plus on aide les autres, plus on est heureux ; plus on est heureux plus on a envie d’aider les autres. Si nous mettons notre succès, notre prospérité au service d’autrui, si notre bonheur nous permet aussi d’apporter du bonheur aux autres, on peut alors considérer que c’est un devoir moral d’être heureux.

André Gide, dans les nourritures terrestres, l’exprime : il y a sur terre de telles immensités de misères, de détresse, que l’homme heureux n’y peut songer sans prendre honte de son bonheur. Et pourtant ne peut rien pour le bonheur d’autrui, celui qui ne sait être heureux lui-même.
Gratitude et bonheur : l’exercice de la gratitude est solidement corrélé aux émotions de bien-être. La gratitude n’implique pas que l’on doive tout attendre des autres, ou que notre bonheur leur doit tout. Elle témoigne simplement que l’on est conscient de ce que nous leur devons.
Le bonheur sous-entend générosité et humilité. : être satisfait de ce que l’on a et le partager.

Accumuler les diplômes dans le but d’être heureux ne sert à rien. L’appartenance à une classe sociale influence le bonheur de la même façon que l’argent : une fois sorti de la misère, grimper dans l’échelle sociale ne confère pas plus de bonheur, mais n’en n’enlève pas non plus.
Le bonheur et le bien-être sont liés à la santé perçue plus qu’à la santé physique au sens strict. Les hypocondriaques persuadés de souffrir de maladies incurables sont ainsi profondément malheureux, bien qu’en bonne santé objective.

le bonheurEt la beauté ? Tout d’abord la satisfaction de son apparence physique est une source de bien-être. De plus on a tendance à penser que les individus physiquement plaisants sont plus sympathiques, intelligents, compétents et on leur accorde des attentions favorables. Par contre, l’habitude de s’appuyer sur sa beauté et ses capacités de séduction pour obtenir reconnaissance, estime et amour, peut rendre douloureuses les morsures du temps qui passe et qui fait passer la beauté.

La présence des enfants représente une amplification des sources émotionnelles, mais les enfants n’apporteront de bonheur durable qu’aux parents capables d’être heureux par eux-mêmes. Souvent les personnes ayant des enfants se déclarent plus heureuses que celles sans enfants ; sans doute les enfants offrent-ils un sentiment de bonheur aux parents en leur donnant le sentiment que leur vie à un sens.

Les amis ont une action sur le bonheur du fait que l’on rencontre ses amis pour pratiquer avec eux des activités agréables sans contraintes de cohabitation durable ou de concessions excessives aux egos des uns et des autres.

Le travail peut procurer de la satisfaction (salaire, possibilité d’évolution, nature du travail, qualité d’encadrement). L’intérêt porté à son travail et le sentiment que ce dernier contribue à notre épanouissement sont essentiels.
Pour qu’une activité procure du bonheur, elle doit être riche, absorbante, gratifiante, et doit être bien maitrisée.
Notre bonheur tient pour beaucoup à notre capacité à vivre dans l’instant présent, mais il dépend aussi de notre aptitude à nous remémorer des souvenirs heureux.

 

La suite : Cultiver le bonheur

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