Le Sensitive Gestalt Massage

Ulla Bandelow, auprès de qui je me suis formée à l’Institut français de formation psychocorporelle, parle dans un article, paru dans le magazine « Psychologies » du mois de Janvier 2013, des éléments fondamentaux du Sensitive Gestalt Massage, avec ses effets structurants non seulement sur un plan thérapeutique mais également sur le plan Bien-être.
J’ai souhaité vous en proposer la lecture car il complète et parle de façon vivante à travers l’exemple pris, des bienfaits de cette technique de massage, et complète ainsi ce que j’ai mentionné dans la page “Sensitive Gestalt Massage” de mon site. Bonne lecture !

Le Sensitive Gestalt Massage

Grâce à cette technique, Catherine 42 ans, a repris contact avec son corps. Elle a ainsi pu faire émerger des souvenirs profondément enfouis, et se débarrasser d’une tristesse ancienne.

« Je suis très attentive à la façon dont les personnes marchent, se tiennent, serrent la main et parlent. Dès que Catherine est entrée chez moi, j’ai remarqué qu’elle était comme « comprimée », figée. Je me suis tout de suite demandée quel évènement de sa vie avait pu la toucher à ce point » se souvient Ulla Bandelow, cocréatrice du Sensitive Gestalt Massage (SGM) et fondatrice de l’Institut français de Formation Psychocorporelle. Pourtant pendant l’entretien qui ouvre une séance, Catherine qui est mariée a deux enfants, travaille dans les ressources humaines, explique qu’elle n’a jamais rien vécu de douloureux ou de dramatique mais qu’elle se sent toujours triste. « Elle parle peu, très doucement, avec un indéfinissable air de tristesse sur le visage, détaille la spécialiste. J’ai relevé la différence entre son propos et la façon d’habiter son corps, de parler. Je lui propose alors de s’allonger sur la table de massage, habillée ou en sous-vêtements à sa préférence. Comme la plupart des personnes, elle est restée habillée, car le toucher est encore un tabou tenace ».

sgmPour la phase du premier contact, le praticien en SGM place les mains bien à plat sur la plante des pieds, les remonte peu à peu jusqu’à la tête dans un mouvement lent, de façon symétrique en suivant le rythme de la respiration. Il demande à la personne de focaliser son attention sur la zone touchée, et de dire ce qu’elle ressent. « Très vite Catherine éclate en sanglots, elle ne sait pas pourquoi elle pleure et me parle simplement de tristesse qui sort. J’effectue ensuite ce que l’on appelle des « enveloppements ». Ces mouvements effectués avec les mains, en plein contact avec la peau, font ressortir ses limites et « mettent en forme »les contours du corps qui sont sécurisants. C’est le principe même de la Gestalt-Thérapie, dont l’origine vient du verbe Gestalten, « mettre en forme, donner une structure signifiante » pour reprendre contact avec soi-même. Il faut découvrir sa propre unité, sa propre structure interne et avoir une vision d’ensemble de soi-même. Avec cette méthode chaque élément travaillé est replacé dans son contexte global, mis en relation avec les autres éléments de notre personnalité.
« Pour unifier la personne nous réintégrons toujours chaque partie du corps dans son ensemble ».poursuit Ulla Bandelow. Si par exemple, nous travaillons sur la structure interne en dessinant en profondeur le contour du bassin, la personne va prendre conscience de celui-ci plutôt que d’en avoir une sensation confuse. Et plus le geste sera précis, plus la sensation sera claire. En ce qui concerne Catherine, j’ai mis son bassin en mouvement – ce que l’on appelle une « mobilisation »- afin de lui permettre d’intégrer dans l’instant présent que l’intérieur de son corps n’est pas comprimé mais fluide. Ensuite avec l’enveloppement, j’ai réintégré son bassin dans l’ensemble. Cette action sur le schéma corporel a un effet structurant sur la personnalité ».
Puis vient la discussion qui clôt chaque séance au cours de laquelle le praticien fait part en retour de ce qu’il ressent, un échange qui participe au processus thérapeutique. « Catherine me raconte alors, que lorsqu’elle avait six ans, son père a disparu de sa vie du jour au lendemain, et que personne ne lui a jamais parlé de rien.. « Si quelqu’un m’avait parlé, et consolée, je ne me serais pas figée sur place » me dit-elle. Avec sa mère et ses frères, elle a dû quitter une maison confortable, pour vivre dans un logement social. Selon elle, c’est à ce moment là qu’elle est entrée dans la tristesse ».
Au fil des séances, Catherine dévoile peu à peu un passé chargé, le divorce de ses parents, la rencontre avec son père devenu alcoolique, sa mère peu attentive, et manquant de tendresse envers ses enfants….Nous faisons des mobilisations, travaillons avec la voix, faisons des exercices de respiration. Nous avons travaillé ensemble une petite année, ajoute Ulla Bandelow.
Le plus important dans le SGM est de faire prendre conscience à la personne, que grâce à ce travail sur son corps, elle peut transformer son passé pour vivre enfin l’instant présent.

Cette méthode n’est pas uniquement thérapeutique, c’est aussi un véritable massage bien-être qui s’adresse à toute personne souhaitant mieux vivre le quotidien.

Historique

sgmAu cours des années 1960, en plein essor des nouvelles thérapies unifiant le corps et l’esprit, le massage commence à être intégré chez les pays américains comme technique de libérations des blocages, non seulement physiques, mais aussi psychiques. Dans ce contexte Georges Downing publie en 1972 le premier livre grand public dédié aux techniques de massage. The massage book (traduit en français le massage euphorique hachette 1977) qui deviendra un best-seller. Margaret Elke qui a suivi la formation de Downing, enrichit la technique et vient donner en France sa première formation en 1976.Dans un premier temps celle-ci est destinée aux couples et intégrée dans des cursus de sexologie. Cette technique précise et codifiée est rebaptisée – uniquement en France – « massage californien » et prend autour du public une connotation sexuelle. Raoul Bécart et la Gestalt -thérapeute Ulla Bandelow donnent une nouvelle inflexion à la méthode en la structurant selon les théories de la Gestalt –« le processus de self » et le « cycle du contact ». En 1979, ils créent le terme Sensitive Gestalt Massage et le déposent. En 2001, Ulla Bandelow fonde l’Institut français de formation psychocorporelle pour enseigner cette technique reconnue par la Fédération française de somato-psychothérapie et somatothérapie, et la Fédération française de massages
bien-être.

Pour en savoir plus

sur les formations de l’Institut français de formation psychocorporelle : renseignements au 01 39 70 60 39 ou 06 09 01 17 86 et massagesgm.com

A lire

Le Corps et la tendresse de Raoul et Ulla Bécart-Bandelow.
Les créateurs du SGM nous expliquent pourquoi le toucher, le contact et la caresse, sont des éléments essentiels de notre personnalité, et expliquent les bases de la technique. (Greco 1999).

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