Libéré

Extrait du livre « Intuito » de Laurent Gounelle

Être libre

Beaucoup de gens m’imaginaient libre d’une liberté extraordinaire parce que j’étais écrivain ; libre de mon temps, de mes déplacements ; mon propre patron. C’est vrai que j’écrivais où je voulais, quand je voulais, sans rendre de compte à personne.

Mais la vraie liberté ne vient pas de notre situation : la vraie liberté est celle que l’on se donne, elle est en soi, elle est une façon d’appréhender l’existence, de vivre sa vie. Libre, on l’est ou on ne l’est pas. Si on est libre, on l’est quel que soit le contexte. Il suffit d’observer un peu les gens pour le comprendre. On trouve des flippés des règles qui s’interdisent le moindre écart ; des perfectionnistes qui se mettent beaucoup de pression dans leur vie de tous les jours, tout seuls comme des grands se soumettant, d’eux-mêmes, à des exigences que même un patron tyrannique n’imposerait pas. Et j’ai à l’inverse connu des personnes qui confondent liberté et laisser-aller, et deviennent esclaves de leur paresse, se transformant en zombies dans un canapé devant la télé, incapables de transformer la moindre idée en projet et perdant parfois même toute envie de réaliser quoi que ce soit. D’autres encore se perdent dans la quête de plaisir, glissant au bout du compte dans l’enfer de la dépendance au sucre, à l’alcool ou au sexe.
Sont-ils vraiment libres ?
Je connaissais aussi des gens tellement soucieux de l’opinion ou du regard des autres, qu’ils en devenaient eux aussi esclaves. Ils s’interdisaient de sortir de chez eux sans s’être d’abord rasés ou shampouinés, de se mettre en maillot sur la plage parce qu’ils avaient des kilos en trop, ou de pleurer au cinéma de crainte de passer pour une fillette…. Quant à moi je réussissais l’exploit paradoxal de cumuler un peu de tous ces travers. Non, il n’est pas facile, pour nous, êtres humains, d’être vraiment libres, de mettre de côté nos peurs et nos croyances, et de pouvoir à chaque instant choisir nos vies en fonction de qui nous sommes et de ce qui compte vraiment pour nous au plus profond de notre âme.

Nos talents et notre mission

On revient sur le sujet évoqué un peu plus tôt : la fierté que l’on tire en général du résultat de nos actions.

Vous avouerez, lui dis-je, qu’il n’y a rien de négatif à être fier de ce qu’on fait. La fierté est aussi ce qui aide à développer sa confiance en soi. On est nombreux à en avoir besoin….

Oui bien sûr. Mais vous voyez, quand on prend du recul, est-ce vraiment justifié d’être fier de réussir quelque chose ? Quand on réussit, c’est qu’on est à sa place. C’est normal de réussir ce pour quoi on est fait. On devrait plutôt en être heureux que fier. J’ai la faiblesse de penser que l’on vient sur terre avec une mission, un rôle à accomplir. Chacun de nous. Et qu’on a en nous les talents qui nous permettent de le faire.

Quand on regarde autour de nous, cela ne saute pas aux yeux….

Parce que la plupart des gens ne se connaissent pas. Ils ont des talents qu’ils ignorent. Leur esprit est accaparé par l’agitation du monde, les médias, l’influence de la publicité… S’ils écoutaient suffisamment ce qui vient du plus profond d’eux-mêmes, ils sentiraient ce vers quoi, ils sont appelés, et ils découvriraient qu’ils ont en eux les ressources nécessaires pour l’accomplir.

Pas sûr que tout le monde soit capable de réaliser ses rêves…

Mais personne n’a les mêmes rêves ! Nous sommes tous différents : Certains sont plus physiques, d’autres plus sensibles, d’autres plus intellectuels, d’autres plus relationnels, chacun a ses forces et ses faiblesses.

Certains ont tout de même plus de talents que d’autres. Il y a des gens qui sortent du lot ….

Ceux qui sont particulièrement doués sur un point sont particulièrement mauvais sur un autre, mais vous ne le savez pas ou ne mettez pas votre attention dessus. Einstein était incapable d’apprendre les langues étrangères, et il avait une très mauvaise mémoire. Isaac Newton était certes un grand physicien, mais quand il s’est vu confier la ferme familiale, il n’a jamais réussi à la gérer. Il y a aussi des gens très brillants qui se révèlent incapables d’aimer ou même simplement d’être émus par leurs enfants… Sont-ils enviables ? Sans compter que certains sortent du lot, comme vous dites, parce qu’une blessure narcissique les pousse à faire des efforts surhumains pour briller et tenter ainsi de guérir leur blessure, mais c’est une course vaine et sans fin qui les rend malheureux… Non, sincèrement, je vous assure, qu’il n’y a pas à envier qui que ce soit.


Entretien avec Michel Lejoyeux : « Apprenez à avoir envie »

Pour Michel Lejoyeux « réveiller nos envies » est la meilleure façon de se remettre en vie. Aujourd’hui trop nombreux sont ceux qui ne savent plus s’écouter, ni reconnaître ce qu’ils désirent vraiment. Or c’est en reconnaissant nos envies que l’on retrouve ou entretient sa motivation quotidienne avec enthousiasme. En France nous sommes imprégnés du discours ambiant austère qui assimile nos désirs à des pulsions qu’il faudrait réfréner. Or la neuropsychologie et la psychologie comportementale ont démontré qu’en écoutant et en satisfaisant nos envies nous travaillons à notre bien-être global, psychique et physique. En tant qu’addictologue, entretenir une dépendance est le contraire de satisfaire une véritable envie, il est question de besoin. Dans l’envie, il est question de désir, c’est toute la différence entre subir et choisir.

Quelles sont les bonnes envies ? Quatre critères aident à les différencier : elles sont réalisables, à notre portée ; elles nous procurent du plaisir ; elles doivent être exprimables et exprimées ; et enfin il faut qu’elles soient en harmonie avec le sens de notre vie. La personne heureuse est celle qui connait, accepte ses bonnes envies et les porte le plus loin possible. Elles sont notre respiration et notre colonne vertébrale, ne peuvent venir que de soi. Cela peut être l’envie de moments de solitude, de déguster tel plat, de construire tel projet, de faire l’amour de telle façon… Se pencher sur ce qui nous fait vraiment plaisir, est une manière agréable de gagner en connaissance de soi .

Car au fond nous sommes le résultat d’une somme de désirs. Aller les chercher, les satisfaire dans leur diversité, c’est également sortir du dualisme corps-esprit qui nous appauvrit. Nous sommes un esprit et un corps et lorsque nous nous faisons plaisir nous expérimentons cette unité, et ce moment de bien-être nous pousse à recommencer. Me sentant bien, moins stressé, moins frustré, je vais adopter un comportement et choisir des situations et des relations qui apporte du plaisir, du confort et du sens à ma vie. Je crée ainsi un cercle vertueux. C’est en cela que satisfaire ses bonnes envies permet de nourrir sa joie de vivre au quotidien.

Plusieurs exercices permettent de découvrir ses bonnes envies. Imaginez que vous gagnez au loto. Quels changements de fond apporteriez-vous dans votre vie ? Cette projection permet de formuler des envies que des contraintes financières nous empêcheraient d’exprimer. Il peut être question de changer de métier, de ville, de relations…C’est cela qu’il faut entendre et essayer, de manière réaliste de satisfaire ensuite.

Il est également possible de passer par un petit tableau : écrire en rouge les envies irréductibles, en orange celles qui sont aménageables, et en vert les accessoires. Cette hiérarchie permet de prendre en compte vos envies essentielles. Il est aussi intéressant de se balader dans sa bibliothèque ou DVDthèque et de repérer les thèmes et les univers dominants (évasion, art, psychologie, ….) puis essayer d’imaginer de quelle façon vous pourriez nourrir ces intérêts dans votre quotidien. Vous pouvez aussi vous faire un cadeau, il vous apprend à mieux vous connaitre, à réaliser un désir personnel sans culpabilité. Il peut aussi avoir une valeur de défi pour soi et les autres « parce que je le vaux bien », musclant l’estime de soi. Enfin il peut être une récompense après un effort ou une épreuve.

S’attacher au meilleur pour le faire advenir : il n’y a rien de magique là-dedans. C’est le résumé des dernières études scientifiques menées en psychologie, en neuropsychologie, et en immunologie. Une personne optimiste qui a de bonnes envies et les satisfait a une meilleure santé et une vie plus agréable qu’un pessimiste ou un frustré. C’est scientifiquement prouvé. L’optimisme est le résultat d’une somme de désirs qui ont été satisfaits dans la journée alliés à la capacité de se souvenir des anciens désirs satisfaits. D’où l’intérêt de réveiller et satisfaire nos envies.


Extrait du livre « tout le bleu du ciel » de Melissa Da Costa

C’est quoi ce que tu appelles la méditation en plein conscience ?

Je me demande si c’est se concentrer sur plein de petits détails qui nous entourent… ce genre de choses…
Elle hoche la tête. Oui il y a de ça. Je dirais que c’est une forme de méditation contemplative.

Il grimace et prend un air menaçant : N’essaie pas de me perdre avec des mots compliqués.

Elle secoue la tête en souriant.

Cela n’a rien de compliqué en fait. Il s’agit juste de faire un arrêt sur image, de se mettre soi-même sur pause et d’observer l’instant présent, ce qui se passe autour de nous, mais aussi en nous… Noter le moindre détail, c’est vrai, mais également comment ces détails extérieurs se répercutent dans notre intérieur. Ce que nous fait ressentir ce son, ce que cette image fait naître cette image en nous… pour mon père c’était la seule façon de vivre, apprendre à être là et nulle part ailleurs, en se détachant de nos préoccupations concernant le futur et des regrets du passé.

Je t’avoue que c’est compliqué au début. Nous sommes tellement habitués à ressasser ou à essayer d’anticiper. On est rarement présent à soi. Mais avec le temps, à force de pratiquer, cela devient plus facile et… ça devient un automatisme. On apprend à se mettre sur pause en regardant un paysage, en dégustant un plat, en écoutant une mélodie. On y pense plus, c’est devenu un réflexe. Lorsque l’on est enfant, on le fait naturellement.

Une petite phrase à méditer :
Puisque l’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à diriger les voiles.

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